Vice-versa (2015). Commençons cette longue liste des pathologies mentales avec un dessin animé génial et charmant sur le fonctionnement du cerveau et le rôle des émotions. Digne du meilleur de Pixar. Comment agissent dans le tête d’une petite fille de 11 ans (ça pourrait tout autant être un adulte !) les sentiments de base: Joie, Colère, Dégoût, Peur et Tristesse. Indispensable à voir si vous voulez saisir les mouvements émotionnels de vos clients lors d’une séance.
Happiness Therapy (2013). Film de David Russel. Une histoire d’amour décalée entre un bipolaire et une dépressive. L’un des meilleurs films sur le trouble bipolaire. Sur le ton de la comédie.
Sueurs froides (1958). L’un des chefs d’oeuvre d’Alfred Hitchcock. Avec l’illustration du trouble de l’acrophobie, la peur du vide et le vertige des hauteurs. Un policier de San Francisco en est atteint; pas facile pour accomplir son travail. Comme d’habitude avec le maître du suspens, passionnante étude psychologique sur les conséquences de ce handicap sur le développement de la personnalité.
Vol au-dessus d’un nid de coucou (1975), de Milos Forman avec Jack Nicholson. Un désormais classique sur la violence de l’institution psychiatrique. Heureusement, les choses ont un peu changé depuis les années 70…
Birdy (1984), de Alan Parker. Les séquelles psychologiques de la guerre du Vietnam. La schizophrénie, l’hôpital psychiatrique, la folie, l’amitié. Photo en tête de page.
Les Rêveurs (2025). L’actrice Isabelle Carré réalise ici un film largement autobiographique adapté de son premier roman. Isabelle anime des ateliers créatifs dans un service psychiatrique pour adolescents à l’hôpital Necker. Au contact de ses jeunes en grande détresse psychologique, elle replonge dans sa propre histoire : son propre internement lorsqu’elle avait 14 ans, après une tentative de suicide. Avec tendresse et une grande sensibilité, elle filme l’expérience psychiatrique des adolescents, un sujet rarement montré à l’écran. Les souvenirs se mêlent à la situation présente de ces jeunes déjà cabossés par la vie. Entre eux, à travers leur humanité partagée, ils recréent un nouvel univers relationnel où l’amour peut être guérissant.
Joker (2019). De Todd Philipps. Un chef d’oeuvre sur la folie humaine, celle d’un homme au psychisme abîmé, et qui est confronté à une société tout aussi malade de sa névrose de contrôle. Ce film nous permet de rentrer dans le monde intérieur de Joker (joué par Joaquin Phoenix), le célèbre adversaire de Batman. La confrontation entre le “gentil” redresseur de torts et le “méchant” dont la folie casse les rouages de la société. Le spectateur a accès au point de vue de Joker et peut rentrer en empathie avec sa souffrance indicible, celle qui le conduit à la folie. Batman est présent en toile de fond comme symbole de la bien-pensance. Ce film est une extraordinaire illustration de la polarité psychique fondamentale entre la névrose de Batman (perfectionnisme, rigidité, toute puissance…) et la psychose de Joker, un être qui n’a pas eu d’autre option que de se désincarner pour faire face à son hyper-sensibilité, sa vulnérabilité extrême, sa dépression.
Mr Jones (1994). Une comédie américaine avec Richard Gere. Bonne illustration du trouble bipolaire, appelé à l’époque la psychose maniaco-dépressive.
Jimmy P., Psychothérapie d’un indien des plaines (2013). Drame de Arnaud Desplechin. La question du diagnostic. Schizophrénie et ethnopsychiatrie.
Mommy (2014). Drame de Xavier Dolan. Sur le trouble du déficit de l’attention chez un adolescent associé à des troubles de l’humeur et des comportements violents-agressifs. Egalement le rapport à la mère. Un très beau film.
The Best Offer (2013). De Giuseppe Tornatore. Misanthrope, cynique, misogyne assumé, ce commissaire priseur de renom n’aime que sa collection d’art secrète. Il ne sait se mettre en relation qu’avec ses tableaux. Pour tout comprendre du retrait social et de l’agoraphobie. Un très beau film.
Quoi de neuf, Bob ? (2000). Une comédie américaine (assez drôle d’ailleurs) de Frank Oz. Excellente illustration des troubles obsessionnels compulsifs (TOC).
Un homme d’exception (2001). Drame américain de Ron Howard (oscar du meilleur film). Sur la schizophrénie paranoïaque. Basée sur la biographie du scientifique John Forbes Nash Jr.
Rain Man (1989). Comédie dramatique avec Dustin Hoffman et Tom Cruise. L’un des premiers films sur l’autisme. Un grand classique.
Baby Driver (2017). Film d’action autour du braquage d’une banque. Pour nous, l’intérêt du film est que le héros a de des traits caractéristiques de l’autisme sans pour autant que ce soit caricatural. Ce n’est d’ailleurs pas mentionné; ce n’est que la toile de fond de ce long métrage britanico-américain. Très intéressant pour comprendre le spectre des troubles autistiques.
Black Swan (2010). Drame psychologique avec Natalie Portman. Sur la relation à la mère, les projections des désirs parentaux sur les enfants, la névrose du perfectionnisme, la dualité de l’être humain, entre grandeur et ombre. Une magnifique exploration de la lutte entre l’introjection des attentes de l’environnement et le besoin d’actualisation. Attention, c’est un film qui peut heurter certaines sensibilités.
The Hours (2003). Avec Nicole Kidman et Julianne Moore et Merryl Streep. Un morceau de vie de l’écrivaine Virginia Woolf lorsqu’elle lutte contre la folie. Le suicide, la maladie mentale, l’angoisse, le mal-être, la dépression. Une excellente introduction au séminaire sur ce thème.
Forest Gump (1994, version restaurée en 2015). De Robert Zemeckis. Un classique du genre avec Tom Hanks. L’histoire incroyable d’un “simple d’esprit” (QI inférieur à 75), le ravi d’autrefois, mais tellement attachant.
Le huitième jour (1996). Avec Daniel Auteuil, Miou-Miou et Pascal Duquenne. La belle histoire d’un trisomique (ou syndrome de Down comme on dit outre-Atlantique).
Le discours d’un roi (The King’s Speech, 2010), de Tom Hooper. D’après l’histoire vraie du prince Albert qui s’apprête à monter sur le trône du Royaume-Uni. Mais il doit affronter un gros problème : son bégaiement. De thérapeute en thérapeute, il arrive chez un orthophoniste avec lequel une relation guérissante va s’établir.
Oh my God ! (Hysteria, 2011), de Tanya Wexler, Une divertissante comédie anglaise qui raconte l’invention du vibromasseur. Ça commence par l’histoire de ce médecin à succés, et pour cause, il guérit ce qu’on appelle alors l’hystérie féminine, la fameuse névrose freudienne typique de l’époque victorienne. Pour rappel, le terme “hystérie” a été supprimée par l’American Psychiatric Association en 1952.
Je vais mieux (2017). D’après le roman de David Foenkinos. Une comédie de Jean-Pierre Améris. Un employé gentil (trop gentil ?) a soudainement terriblement mal au dos. Aucun problème physique n’est pourtant décelé. Une approche humoristique des troubles psychosomatiques. Et où l’on apprend aussi à dire “non”.
Aviator (2005). De Martin Scorcese. La vie du célèbre milliardaire Howard Hughes (Leonardo Di Caprio). Industriel, casse-cou, aviateur, cinéaste, inventeur… Outre une vie passionnante, ce qui nous intéresse ici, c’est la lente évolution vers un trouble obsessif compulsif (phobie des microbes) qui se transforme finalement en syndrome de Diogène. Une superbe fresque avec les TOC en toile de fond. .
Sur l’Adaman (2023), Averroès et Rosa Parks (2024) et La machine à écrire et autres sources de tracas (2024). Un triptyque signé Nicolas Philibert qui offre une véritable plongée au cœur du monde de la folie et de la psychiatrie.
Le premier documentaire, Sur l’Adaman (Ours d’Or de la Berlinale), est sans doute le plus réussi des trois, et le plus émouvant. Les malades se retrouvent sur cette péniche installée en bord de Seine, un lieu d’accueil de jour des adultes du Pôle psychiatrique de Paris-Centre. Nous sommes invités à monter à son bord pour aller à leur rencontre, et les malades s’adressent directement à la caméra. Avec l’équipe soignante, ils créent ensemble de la vie. (Voir la bande annonce ici).
Avec Averroes et Rosa Park, changement de décor : on se retrouve dans les bâtiments de l’ancien hôpital de Charenton ! Le grand intérêt de ce deuxième volet, ce sont les entretiens filmés, sans censure, entre malades et médecins. Cela donne une véritable idée du quotidien d’un hôpital psychiatrique. Quant au troisième documentaire (La machine à écrire…), il s’intéresse aux tracas de la vie quotidienne qui viennent heurter la routine des malades.